domingo, 20 de diciembre de 2009

A la recherche des trésors engloutis

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Les archéologues ont retrouvé de nombreuses amphores.

Missionnée par le Département des recherches archéologiques et sous-marines, Anne Joncherey a relevé une trentaine de sites dans le golfe de Saint-Tropez

Entre le cap Lardier et Camarat, les eaux du golfe recèlent des trésors. Faits d'argile, de verre, de bois ou de corail. Anne Joncherey, directrice du musée archéologique de Saint-Raphaël, les a répertoriés. Patiemment avec ses quinze amis scientifiques... Des bénévoles qui, d'avril à juillet, ont plongé sur d'anciens sites. Épaves antiques ou contemporaines, zones archéologiques subaquatiques, les spécialistes passionnés ont ainsi dénombré une trentaine de positions. Ce qui est beaucoup. Lieu de passage lors du commerce de cabotage, le golfe de Saint-Tropez est depuis l'Antiquité l'une des destinations phares de Méditerranée.

« Et forcément, précise Anne Joncherey, on retrouve des épaves et des lieux de relâche comme à Bonne Terrasse sous Camarat, où les marins d'avant notre ère et les plaisanciers d'aujourd'hui font tomber dans l'eau des objets usuels. »

Un voilier à vapeur

Des bols en terre cuite datant des Romains, aux cannettes de bière balancées par-dessus bord l'été dernier, les vestiges remontent doucement à la surface. Les cols d'amphores et les poteries les plus anciennes ont été placés dans les dépôts du ministère de la Culture à Aix-les-Milles. En attendant d'être, pourquoi pas, exposés un jour. « Les sites sont recensés, car le Département des recherches archéologiques et sous-marines souhaite dresser l'inventaire de tout le patrimoine archéologique français », explique la directrice.

Dans le golfe, la plupart sont connus d'une poignée de personnes. Ou oubliés.

« La carte que nous avons établie n'est pas destinée au grand public, mais à quelques archéologues qui pourront par la suite demander des autorisations de fouilles. »

Parmi les épaves, l'équipe d'Anne Joncherey a travaillé sur Le Prophète. Partie de Philippeville en Algérie, le bateau a coulé par trente mètres de profondeur dans la nuit du 23 au 24 mars 1860 devant le cap Lardier. Le mistral soufflait trop fort. Les 50 personnes, membres d'équipage et passagers, ont réchappé au naufrage. Mais la cargaison composée de fragments de verre destinés à être recyclés a été perdue. Le Prophète, appartenant à l'armateur sétois M. Cohen, transportait aussi des os servant à faire de la colle animale, du tabac, du coton, du corail, du liège et des tissus. Il mesurait quarante mètres et possédait deux mâts. C'était aussi l'une des premières goélettes à avoir... un moteur.

L'étonnante mécanique du Prophète

« Elle a été transformée par l'armateur en bateau à vapeur. C'était un véritable prototype. Le navire possédait une hélice, ce qui était aussi totalement novateur. Cette hélice tournait à 600 tours minute. Nous avons d'ailleurs retrouvé les plans du bateau », confirme l'archéologue.

Anne et ses plongeurs ont passé septembre et octobre derniers sous l'eau. Ils ont remonté quelques éléments. Ils ont découvert l'étonnante mécanique du Prophète, avec son piston fixe, son moteur oscillant tournant autour. Et ses deux chaudières.

« Nous avons commencé par dégager l'arrière du bateau. On a aussi trouvé des plaques de marbre, provenant des cabines réservées aux passagers, des objets en cuivre. Nous replongerons sur cette épave en automne prochain. »

Le Prophète n'a pas encore livré tous ses secrets.

J. J.

Fuente : Corsematin.

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